D'abord lisez ces deux définitions d'importance capitale trouvées dans le site de la CIIP (Conférence Intercantonale de l'Instruction Publique) et qui expliquent l'étendue du domaine couvert par les mots "Santé" et "Education" chaque fois que les pédagogistes les utilisent:

" La "Déclaration sur les finalités et objectifs éducatifs de l'Ecole publique" offre un cadre très utile pour définir les lignes de force d'une "éducation-prévention" en Suisse romande. Les objectifs définis par ce texte concernent dans une large mesure le domaine général de la promotion de la santé, le terme " santé " étant pris dans son acception élargie d'un" état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consistant pas seulement en une absence de maladie et d'infirmité " (OMS, 1946). Ainsi défini, ce terme est compris comme une réalité complexe qui dépasse les aspects médicaux et sanitaires pour englober les dimensions éducatives, économiques et politiques. " [1]

" Par éducation, sans autres spécifications, on se réfère à un vaste domaine, englobant l'ensemble des dimensions éducatives de l'école (éducation à la santé, aux droits de l'homme, à la citoyenneté, etc.). " [1]

[1]-Rapport du groupe de travail EduPré, Annexe I.


L'éducation et la santé

Les études de l'OFSP se suivent et se ressemblent ; la consommation de cannabis augmente de façon alarmante, les enfants fument de plus en plus jeune. L'illettrisme, la violence, la consommation d'alcool, le suicide des jeunes augmentent aussi. Vue le bilan dramatique d'une politique qui s'auto-alimente par des projets donnant des résultats contraires à ceux escomptés et qui ne servent que les intérêts de ses vendeurs, l'OFSP a le choix entre accepter l'échec et arrêter sa longue collaboration avec divers organismes de "promotion de la santé" ou demander des moyens supplémentaires pour des nouveaux programmes de "prévention". Que choisira-t-il ?

Pour mieux comprendre cet échec, il faut savoir que la promotion de la santé est une composante essentielle de " l'éducation globale " et que le mot " éducation " a une nouvelle définition dans le langage des pédagogistes: l'apprentissage d'un savoir-être précis (endoctrinement). Les promoteurs de " l'éducation " par l'école, sachant que le savoir donne le pouvoir, empêchent la transmission des connaissances pour mieux modeler nos enfants et par là-même, vendent leurs produits.

Depuis 1992, l'OFSP soutient divers programmes, réseaux et fondations qui s'occupent d'éducation et de santé globale, mettant en place, en collaboration avec la CDIP (Conférence des Directeurs Cantonaux de l'Instruction Publique), le programme Santé et Jeunesse, le projet Ecole et Santé et le dernier né, le Réseau Suisse Education+Santé. Le nom de ce nouveau réseau met en lumière la liaison dangereuse entre "éducation" et "santé". Pas moins de douze institutions y collaborent pour favoriser une politique globale de promotion de la santé et l'éventail des matières à traiter " s'étend de l'éducation sexuelle jusqu'à l'alimentation, la promotion de la sécurité et la gestion du stress, en passant par la prévention de la consommation de drogues ". Un des membres de ce réseau " sanitaire " est le centre de compétences EDUPROSE (renommé PROMESCE) qui, pour accomplir "la mission éducative de l'école", vise à mettre en œuvre, "le domaine de la Formation Générale " de PECARO (projet d'harmonisation de l'éducation romande) en réalisant des supports pédagogiques et des formations pour les enseignants. D'autre part, l'OFSP a chargé la Fondation RADIX (reconnue d'utilité publique) de la coordination du réseau RES-CH (Réseau Suisse des Ecoles en Santé) qui est membre du réseau Education+Santé et qui fait aussi la promotion de produits sanitaires. L'OFSP collabore aussi avec l'ISPA, organisme qui pense prévenir la toxicomanie en dépénalisant l'usage du cannabis.

Selon les rapports du monde " éducatif et sanitaire " et ceux des promoteurs de programmes, projets et autres mallettes pédagogiques, les concepts de "santé" et "d'éducation" englobent l'ensemble de la personnalité de nos enfants y compris leurs valeurs, comportements, croyances, émotions, relations, pensées et attitudes. Cette vision large et globale parfois nommée " éducation et promotion de la santé " (comme EDUPRO), a non seulement donné les résultats connus en matière sanitaire mais a aussi crée une école omnipotente qui homogénéise des êtres en se permettant d'intervenir dans leur développement affectif, social, mental, spirituel et éthique! Suite à l'évaluation (par des appréciations) de ces aspects identitaires, ceux qui ne sont pas "en santé" seront pris pour "malades" que "l'éducation" devra soigner.

Pour empêcher ce cercle infernal de conditionnement, il faudra mettre en cause, d'une part PECARO où les compétences sociétales, sanitaires et transversales à développer sont identiques à celles énumérées par les promoteurs de la santé, et d'autre part, la Déclaration sur les finalités et objectifs de l'école publique de la CIIP (Conférence Intercantonale de l'Instruction Publique de la Suisse romande) qui s'est octroyé le droit de définir l'avenir de notre école sans aucun débat démocratique, sans aucune légitimité légale et en se positionnant ainsi au dessus des citoyens. Créons un nouvel article de loi : L'école n'éduque pas. Point. Le château de cartes s'écroule. Mais les politiques ont-ils envie de mettre en cause cette machine redoutable d'endoctrinement, de contrôle, d'acquisition de pouvoir politique et financier qui s'appelle " la mission éducative" de l'école ?

Simone Bilman (janvier 2006)