Communiqué de la Fédération des syndicats de l'enseignement (Québec)

13 juin 2006

repris de http://www.fse.qc.net/


Dévoilement d’un sondage FSE-Léger Marketing

Le ministre Fournier doit immédiatement prendre acte de la dérive de la réforme

Québec, le 13 juin 2006 – La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a rendu public aujourd’hui un important sondage réalisé par la firme Léger Marketing au sujet des perceptions des enseignantes et enseignants des écoles primaires du Québec face à la réforme de l’éducation.

Les résultats de ce sondage sont à la fois très clairs et très inquiétants : la majorité des enseignantes et enseignants québécois croient que les apprentissages et la réussite éducative des élèves actuels se sont détériorés à divers degrés par rapport aux élèves d’avant la réforme, tant au chapitre des connaissances disciplinaires, de la persévérance dans l’effort, de la préparation des élèves à leur arrivée en début d’année, de la réussite des élèves en général et des élèves en difficulté.

On y apprend, entre autres, que 83 % des répondants estiment que la réforme n’a pas permis d’accroître la réussite des élèves, un pourcentage qui augmente à 85 % en ce qui concerne la réussite des élèves en difficulté. Près de 9 répondants sur 10 jugent d’ailleurs que la réussite des élèves en difficulté a subi une détérioration (61 %) ou est restée stable (27 %) depuis l’arrivée de la réforme, même s’il s’agissait là de sa principale raison d’être.

"Sans véritable surprise, le sondage nous confirme que les enseignantes et enseignants ne croient pas du tout que la réforme ait les effets escomptés sur les apprentissages des élèves, bien au contraire. Or, le bilan de la réforme quant aux apprentissages des élèves, initialement prévu fin avril, aurait déjà dû sonner l’alarme au ministère, au point de remettre en question la poursuite à tout crin de son implantation. Rien ne justifie de persister tête baissée dans la réforme vers un échec magistral ", a déclaré Mme Johanne Fortier, présidente de la FSE.

À cette fin, la FSE réclame notamment les actions suivantes :
  • Par souci d’objectivité et de transparence, que le MELS donne au Conseil supérieur de l’éducation le mandat de procéder, à partir des données déjà recueillies (sondages et tests en écriture, sciences et mathématique), à un bilan de la réforme quant à ses effets sur le niveau et la qualité des apprentissages des élèves du primaire, et qu’il présente d’ici la fin de novembre des recommandations quant aux correctifs à apporter.
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  • Que le MELS s’assure d’une démarche valable de l’évaluation de la réforme au secondaire en prenant des mesures pour fins de comparaison, notamment par la passation de prétests en français et mathématique.
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  • Que le MELS accorde sa priorité absolue aux problèmes et aux correctifs concernant la Politique d’évaluation des apprentissages, depuis longtemps décriée comme la pierre d’achoppement de la réforme au primaire, notamment les exigences liées au cheminement scolaire, la " promotion automatique " et l’absence d’une évaluation sommative permettant la mesure et le jugement du progrès des élèves.
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  • Afin de permettre que le bilan de la réforme soit complété et que les décisions appropriées soient prises, que le MELS sursoie à l’implantation et au développement de la réforme.

"Le ministre Fournier ne peut plus gagner du temps sur le dos des enseignantes et enseignants ni sur celui des élèves. Il est urgent qu’il comprenne la nécessité de dresser l’état des lieux et de procéder à une véritable réévaluation de la réforme. Nous nous attendons à ce que le ministre agisse de manière responsable, sans quoi il portera l’odieux de l’échec de la réforme, et, surtout, l’odieux de l’échec de nos enfants. La fuite en avant serait un réflexe coûteux. Dans ce dossier crucial pour l’avenir de la jeunesse québécoise, la prudence et la rigueur sont des principes dont le gouvernement ne peut se permettre de faire l’économie", a conclu Mme Fortier.

Le sondage FSE-Léger Marketing est disponible sur le site internet de la FSE au www.fse.qc.net.

Faits saillants du sondage mené auprès de 1009 enseignantes et enseignants d’expérience :

Question Détérioration Détérioration + aucun changement
Réussite scolaire des élèves 48 % 86 %
Réussite scolaire des élèves en difficulté 61 % 88 %
Persévérance dans l’effort 56 % 88 %
Connaissances disciplinaires 44 % 85 %
Maîtrise des savoirs essentiels 46 % 84 %
Préparation en début d’année 40 % 80 %

  • 83 % disent que la réforme n’a pas permis d’accroître la réussite scolaire
  • 85 % disent que la réforme n’a pas permis d’accroître la réussite des élèves en difficulté
  • 84 % disent que les élèves d’autrefois n’auraient pas mieux réussi avec la réforme
  • 60 % disent désormais que les orientations théoriques et pratiques de la réforme ne sont pas appropriées
La marge d’erreur est de ± 3,1 %, 19 fois sur 20.

 

Pour information : Sylvie Lemieux

Attachée de presse de la FSE-CSQ

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