Lorsqu’il s’est agi, en 1995, d’appliquer à Genève la nouvelle ordonnance fédérale sur la maturité, nous avons choisi un système à options qui ouvre au maximum les combinaisons possibles. Les autres cantons, plus finauds, ont su restreindre ces choix. Or nous avons chez nous plus de 3000 profils différents à cause des combinaisons permises. Résultats ? Une perte de colonne vertébrale solide pour les élèves car il n’y a plus de types de maturité ; un brouillard pour les Hautes Ecoles ; un coût supplémentaire pour les contribuables.

Si au moins notre maturité genevoise était d’une qualité irréprochable, cela pourrait valoir la peine. Mais il n’en est rien : nous délivrons à tour de bras des certificats de maturité dont la qualité est pour le moins inhomogène. Les bons élèves sont toujours là, mais une masse de maturants mal formés se présentent aux portes de nos Hautes Ecoles alors qu’ils ont été promus mécaniquement d’année en année.

Il faut repenser l’application cantonale de cette ordonnance. Le double principe en est le suivant :

1. Il existe, d’une part, des disciplines de base que chaque élève devra posséder ;

2. Il existe, d’autre part, des prolongements de ces disciplines que chaque élève pourra posséder.

Il convient donc d’organiser la maturité sur les disciplines de base et de les fédérer pour qu’apparaissent des profils : classique, scientifique, langues modernes, par exemple. Ces types de maturité permettent avec cohérence et unité d’ajuster les grands domaines d’un savoir à la forme de l’intelligence et à la sensibilité de l’élève. Il faut ensuite, sur cette base, ouvrir un jeu d’options en fonction de ce que permet l’ordonnance fédérale de 1995.

Restreindre le choix pour recentrer les options sur l’essentiel est nécessaire aujourd’hui : cela redonnera un semblant de colonne vertébrale aux certificats de maturité et cela permettra de rappeler la maturité à sa fonction première : ouvrir les portes de l’université grâce à un apprentissage raisonné et équilibré de l’autonomie.

Jean Romain