in Tribune de Genève, 17 février 2009

MESURES | MCG et radicaux proposent des mesures visant les élèves non francophones.
par Marc Bretton

A peine les radicaux ont-ils annoncé le dépôt d’un projet de loi sur l’instruction publique (Le Matin Dimanche du 8) que le MCG dépose le sien. Les deux textes ont deux points communs: les élèves non francophones et leurs parents.
Le projet déposé par le radical Jacque Follonier, propose de garantir autant que possible aux allophones «la possibilité de bénéficier d’un enseignement dans leur langue maternelle en dehors des heures de cours». En effet, la maîtrise de la langue maternelle serait «essentielle pour l’apprentissage de nouvelles langues» et donc du Français. Les parents migrants, eux, devraient suivre un cours «les informant des règles et du fonctionnement de l’institution scolaire».

Le Conseil d’Etat est enfin invité à édicter un code vestimentaire minimal pour les élèves. Le MCG résout autrement le problème. Comment? En sortant les allophones des classes afin de les placer «dans des structures spécialisées leur permettant d’acquérir le niveau requis». Le président du parti, Eric Stauffer, ajoute: «Il ne faut pas intégrer plus d’un élève ne maîtrisant pas le français par classe ordinaire». En effet, trop d’élèves non francophones empêcheraient les élèves «ordinaires» d’étudier normalement, comme l’indiqueraient les résultats genevois à l’étude Pisa. Par ailleurs, le MCG propose que le DIP puisse astreindre «les parents migrants non francophones à des cours de français».

Sur ce thème, on notera en passant que le conseiller national Hugues Hiltpold a déposé en juin à Berne une interpellation demandant notamment une «limitation du nombre d’élèves par classe ne maîtrisant aucune langue nationale».
Contacté, le DIP estime que le projet de loi du MCG «n’est qu’un amalgame visant à exclure des élèves des classes et à discriminer les non natifs résidents dans notre canton».