VALAIS
«OUI, MAIS...» À L'ÉCOLE ROMANDE

par VINCENT PELLEGRINI in Le Nouvelliste, 23 janvier 2009

CONSULTATION
Le Conseil d'Etat valaisan soutient le Plan d'études romand mais veut certaines améliorations.


Le Valais est satisfait du Plan d'études romand (PER) et il souligne la qualité de l'ensemble du travail présenté. Il demande toutefois que certains aspects de ce projet soient mieux pris en compte ou améliorés pour donner son aval. C'est ainsi que l'on peut résumer la position du Conseil d'Etat à l'issue de la consultation qu'il a menée sur le PER dans notre canton. On rappellera que le Plan d'études romand harmonisera les programmes scolaires du Valais et des cantons voisins dans le cadre de la Convention scolaire romande et en vue également d'Harmos (voir notre édition du 4 décembre dernier).

Garder nos spécificités
La prise de position du Conseil d'Etat sur le Plan d'études romand est signée par Claude Roch qui salue le respect des accords sur le plan fédéral et intercantonal. Fort de la consultation menée en Valais, le Conseil d'Etat émet cependant aussi des réserves. Le Valais veut en effet garder ses spécificités cantonales (renforcement des disciplines fondamentales, économie familiale, éthique et cultures religieuses, etc.). Et notre canton conditionnera son approbation du PER au respect de ses remarques sur une série de points, explique en résumé le document.

Claude Roch tient à ce que le Valais garde «une marge de manoeuvre propre à répondre aux attentes de la culture scolaire du canton». Pour ce faire, «il semble opportun de laisser une grande autonomie à chaque canton dans la définition de ses grilles horaires» et «la répartition horaire de chaque discipline doit demeurer sous la responsabilité de chaque canton», précise la lettre du Conseil d'Etat.

Des remarques
Suivent ensuite des remarques plus précises. Par exemple que les cours de français doivent permettre à «tous les élèves d'acquérir une expression orale et écrite de qualité». Et le Conseil d'Etat d'expliquer que l'utilisation de certaines approches pédagogiques ne doivent pas faire oublier la nécessaire «structuration de la langue». Le rapport trouve par ailleurs ambitieux le niveau des langues étrangères dans le PER mais «peu, voire pas approprié à l'ensemble des élèves».

Quant aux mathématiques, déjà coordonnées depuis plusieurs années sur le plan romand, elles devraient «faire l'objet d'une évaluation tant au niveau des objectifs que sur le plan des ressources didactiques».

En matière de géographie et d'histoire notamment, le canton souhaite que les connaissances de base n'occupent pas un statut secondaire par rapport à l'acquisition de compétences. Et de préciser: «En effet, nous nous apercevons que certaines notions ne sont plus abordées et ce au détriment d'une connaissance large et variée du paysage helvétique et de la richesse de son histoire. Une coloration «locale» doit être prévue pour le plan d'études et les moyens d'enseignement.»

D'autres réserves sont faites sur l'éducation nutritionnelle, les arts et la place un peu vague d'un nouveau domaine intitulé «formation générale» dans le PER. Quant aux «composantes transversales» qui ont suscité des interrogations à l'encontre du PER, elles doivent être intégrées dans chaque discipline et non développées dans un espace spécifique, souligne Claude Roch.

Les commentaires généraux du Valais, tout comme ceux à venir des autres cantons, sont destinés à améliorer la rédaction du PER qui est par nature évolutif... L'introduction du PER dans les classes valaisannes devrait se faire progressivement dès 2010.

article repris de http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/valais/oui-mais-a-l-ecole-romande_9-128245