Genthod, 4 février. - Comme père de 4 enfants, je n'ai pas confié l'éducation de mes enfants au bien nommé Département de l'instruction publique, mais leur instruction. Pour l'éducation, je considère que mon épouse et moi sommes mieux à même que quiconque de transmettre à nos enfants nos valeurs éthiques, même si très souvent les enseignants nous soutiennent dans cette direction.

Par ailleurs, comme électeur de gauche, je suis un peu troublé dans mon analyse politique. La droite néolibérale, qui prône une dégradation massive de la qualité de l'école publique (voire par ex. le fameux Livre blanc de M. de Pury et consorts), trouve comme alliés de circonstance certains syndicats ou partis de gauche qui font croire qu'une absence d'évaluation sérieuse des connaissances va offrir une meilleure égalité des chances.

Les partis de droite soutiennent une école républicaine avec évaluations régulières qui permettent de remédier aux lacunes de formation avant qu'il ne soit trop tard. Ce n'est qu'avec de solides bases en lecture, écriture et calcul que nos enfants ont peut-être des chances de s'en tirer dans un monde sans pitié qui préférerait disposer d'une main-d'œuvre peu formée, taillable et corvéable à merci plutôt que d'un peuple instruit et cultivé. Allez y comprendre quelque chose!

Jean-Marc Allenbach
Lettre de lecteur in Tribune de Genève du 8 février 2006