Les « Rendez-vous de l’instruction publique ». Ce sont les débats que le DIP a organisés dans un but d’ouverture afin « de donner à toutes et à tous les Genevois-e-s l'occasion d'exprimer leur point de vue sur le système éducatif et son évolution ». Très bien. Le hic : lors de ces trois "débats" sur l'école, le DIP a invité à chaque fois des sociologues de renom, tous de la même mouvance idéologique bien marquée, (celle qui règne dans ce département et dans la Faculté des sciences de l'éducation à Genève). L’école n’a pas pour priorité d’instruire, de transmettre des connaissances mais plutôt celle d’éduquer, tout y est réduit au rôle social. Le DIP aurait-il voulu faire passer ce message unique qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

Ayant assisté au troisième et dernier "débat" du 22 mai (2007), j'ai été effarée - et je ne suis pas la seule - par le sectarisme de l'assemblée. L'invité, M. Jacques Cornet, professeur de sociologie en Belgique, buté, a refusé de répondre à la question précise de M. Pascal Décaillet "Qu'est-ce qu'un bon enseignant ?" Impossible, malgré les efforts du journaliste, de faire dévier de sa route  l’orateur dont l’objectif était de déverser son idéologie et ainsi noyauter le débat. Le public présent, sans doute discrètement rameuté par quelques cellules militantes, a applaudi à tout rompre en buvant les paroles du « gourou ». Dans son immense majorité, la salle était acquise à la cause, homogène, sectaire, imperméable à la moindre remise en question de l’Ecole publique genevoise d’aujourd’hui. On a même été jusqu’à prendre à partie M. Moser (directeur de l'école privée du même nom) parce qu'il dirige une école qui générerait la fracture sociale.

L'ouverture d'esprit n'était de loin pas l'apanage de cette soirée dont tout débat était exclu !

Et que dire de l'appel à la résistance de M. O. Baud, président de la société pédagogique genevoise, qui a incité ses collègues enseignants à contourner la votation populaire du 24 septembre dernier, sur le retour des notes à l'école primaire, qu'il n'a visiblement pas encore digérée ?

Il est inquiétant de voir que cette poignée d'enseignants endoctrinés, qui viennent d'être désavoués par le peuple pour avoir pratiqué une pédagogie néfaste parce qu'inefficace, pensent toujours détenir "LA vérité". En dépit de toutes règles, de toute démocratie, ils se croient propriétaires de l'école.

Les citoyens sont des dindes, avait-on entendu dire M.Baud, mais, si le peuple a tort, alors changeons le peuple !

Notre école est bien malade, hélas ! La gangrène se propage; si nous voulons la soigner, redoublons de vigilance.


Muriel Joyeux
Membre du comité de l'ARLE
lettre en partie publiée dans la Tribune de Genève du 2 juin 2007