lettre de lecteur publiée in Tribune de Genève du 21 janvier 2006

Genève, 11 janvier. - Que M. Rémy Villemin réfute en bloc les reproches formulés à l'encontre de l'Institut de formation des maîtres (Ifmes), qu'il dirige, n'étonnera personne (TdG du 10 janvier). Ce qui peut en revanche étonner ou même choquer - du moins ceux qui, comme moi, ont dû suivre cette «formation» idéologique et inutile - est le caractère fallacieux de l'argumentaire sur lequel il se fonde pour réfuter ces critiques.

Il invoque le questionnaire d'évaluation (que doivent remplir les maîtres à la fin de leur formation) pour affirmer que tout va bien et que les retours sont «positifs». Soyons sérieux! Quoi qu'ils puissent dire, les résultats de ce questionnaire sont sans aucune valeur, quand on sait que les maîtres doivent le remplir avant d'avoir obtenu leur certificat. Cela fait toute la différence car, comme le disent les témoignages que vous avez recueillis, «la crainte règne».

Deux ans de fréquentation auront clairement montré au maître en formation que l'Ifmes et la plupart de ses représentants ne tolèrent ni la critique ni la dissidence par rapport aux dogmes imposés (en clair: ou tu enseignes de manière «socioconstructiviste», ou tu n'auras pas ton certif'). Les candidats se doutent bien qu'il peut être suicidaire, dans un tel contexte, d'exprimer honnêtement ce qu'ils pensent. (...)

Robin Bovay