lettre de lectrice publiée in Tribune de Genève du 21 janvier 2006

Grand-Lancy, 17 janvier. - J'enseigne depuis plus de trentre ans au Collège de Candolle et j'ai travaillé deux ans à l'Institut de formation des maîtresses et maîtres de l'enseignement secondaires (IFMES) en tant que maître formateur responsable. Je continue à remplir des tâches de formatrice soit en duo avec des enseignants issus du Cycle d'orientation, soit comme maître mentor, chargée d'aider dans mon établissement un(e) enseignant(e) qui débute son cursus à l'IFMES.

A ces divers titres, j'ai trouvé votre article du 10 janvier très objectif, révélateur du malaise que ressentent tous les enseignant(e)s en formation, et certains formateurs/trices également... Trop de cours ne sont pas adaptés à des jeunes qui, de plus en plus, seront frais émoulus de l'Université et n'auront pour toute expérience que quelques remplacements. Ces enseignants ont besoin de pratique, de conseils, d'échanges à tous les niveaux, et d'un suivi qui soit, dans un premier temps, porteur d'exemples et d'expériences vécues et partagées.

L'IFMES au contraire, leur offre des cours théoriques qui, s'ils ne sont pas inintéressants et bien sûr nécessaires au métier d'enseignant, sont souvent prématurés et encombrés d'un verbiage socioconstructiviste (comme votre article le mentionne à juste titre). En outre, des modules «éclatés», de multiples travaux pratiques à rendre, dont les buts sont flous et qui sont souvent inapplicables face à une classe, encombrent la 1e année et poussent beaucoup d'enseignants débutants à la limite du burn-out... Mais lesquels d'entre eux oseront le dire, conscients qu'une place d'enseignant «vaut cher»... pour le moment du moins!

L'IFMES peut avoir un sens, mais il doit être entièrement repensé, débarrassé de l'idéologie monolithique qui l'encombre, et mieux reconnu en Suisse et dans l'espace de Bologne, car il demande un lourd investissement à ceux qui l'entreprennent afin d'y parfaire leur formation.

Marie-Christine Grivel Odion