Suite au dépôt d’un projet de loi radical/UDC (PL10316)  en août 2008, l’Arle souhaite soutenir cette démarche qui est dans la ligne de son rapport sur la «formation des enseignants primaire»  de juin 2007.

La formation actuelle des enseignants primaires s’effectue à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education (FAPSE) sur 4 ans dont une année de tronc commun et débouche sur un Bachelor.

Le Conseiller d’Etat en charge du DIP a annoncé son intention de déplacer la formation des maîtres du primaire au sein d’un Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE) sous le contrôle de la FAPSE.

L’ARLE s’oppose à ce futur IUFE car il ne correspond pas aux besoins de formation des enseignants primaires.

L’ARLE préconise, dans un souci d’harmonisation, le déplacement de la formation des enseignants primaires au sein d’une Haute Ecole Pédagogique (HEP) délivrant un « Bachelor » comme c’est le cas dans tous les cantons suisses. Ce diplôme doit en outre permettre la nomination (ou titularisation) des instituteurs ainsi formés.

Les inconvénients d’une formation au sein d’un IUFE

La création d’un IUFE équivaut à changer l’emballage sans améliorer le contenu.

La formation actuelle à la FAPSE souffre déjà de nombreuses lacunes. Les volets académiques et théoriques supplantent de loin l’apprentissage des gestes professionnels. Pour preuve le fait que les étudiants en formation passent seulement 7% de leur temps total de formation à exercer les gestes professionnels.

La formation ne comble pas les attentes des futurs enseignants qui rencontrent de grandes difficultés dans leurs premières années de pratique dans des domaines aussi divers que l’écriture, l’allemand, l’histoire, la géographie, les sciences, la musique, l’éducation artistique et physique. Cela provient du fait que la formation dans ces différentes branches est soit totalement absente, soit insuffisante et inadaptée aux besoins des futurs enseignants.

A titre d’exemples, nous évoquerons les problématiques de l’écriture, de l’environnement (histoire, géographie, sciences) et de l’éducation artistique.

Ecriture

Les étudiants ne bénéficient d’aucune formation en écriture quand bien même apprendre à écrire est un des objectifs fondamentaux de l’école élémentaire. Les futurs enseignants auront la charge de faire entrer les enfants dans le graphisme dès 4 ans, de leur enseigner le tracé des lettres de l’écriture romande et de consolider ce savoir-faire tout au long de la scolarité primaire. Leur enseignement se fera non seulement sur le plan horizontal (cahier) mais également sur le plan vertical (tableau).


A l’issue de leurs études, les nouveaux enseignants ne maîtrisent ni la calligraphie romande, ni l’écriture au tableau. Cela est très problématique car l’élève s’appuie généralement sur le modèle de l’enseignant pour intégrer le sens du tracé des lettres ainsi que leur forme. Aussi, l’enseignant ne peut satisfaire aux attentes de son cahier des charges en écriture en raison d’une grosse lacune dans sa formation.

Environnement

Il en est de même dans les branches d’environnement (histoire, géographie, sciences) où les contenus ne sont jamais enseignés. Or, comme les futurs enseignants proviennent de pays et de cultures scolaires différents, ils ne maîtrisent pas forcément les contenus qui figurent au plan d’études. Lorsqu’ils entrent dans la profession, ils doivent donc enseigner des thèmes qu’ils ne maîtrisent pas en raison de l’inadéquation de leur formation qui dure tout de même 4 ans.

Education artistique

La formation en éducation artistique proposée par la FAPSE est inadaptée aux besoins du terrain. Les étudiants sont initiés à l’illustration de textes et au photoreportage. Cela prouve la rupture complète avec les besoins des praticiens. Une formation pédagogique doit s’appuyer sur le matériel en usage dans les classes : crayons, peinture, papier etc. Elle doit fournir aux enseignants des exemples d’activités réalisables avec les élèves. Elle doit préparer au développement de la créativité sans faire appel à une technologie particulière.

Nombre d’exemples pourraient encore figurer sur cette liste. Cependant les problématiques énoncées précédemment suffisent déjà à mettre en évidence l’inadéquation de la formation avec les besoins des futurs enseignants.

Il est donc indispensable d’opérer d’importants changements au sein de la formation et d’accorder la priorité aux objectifs de formation professionnelle.

Il faut remettre l’acquisition des savoirs et des gestes professionnels au premier plan sans pour autant vider la formation de ses contenus théoriques. Il convient d’instaurer un travail systématique sur les objectifs d’apprentissage qui constituent le cahier des charges de l’enseignant, proposer un enseignement des contenus ainsi que des cours de planification et de conception des leçons.

Les avantages d’une HEP

Au vu de ce qui a été énoncé précédemment, l’ARLE estime qu’une HEP serait beaucoup plus adaptée aux besoins de formation des enseignants primaires.

Les hautes écoles professionnelles proposent des formations plus ciblées sur les savoirs professionnels. Elles confient une partie de leur formation à des professionnels actifs sur le terrain et conscients des besoins de leurs futurs collègues. La structure d’une HEP est plus adaptée à l’organisation de longs temps de formation et de travail sur le terrain. Elle permet une meilleure exploitation des temps de stage en termes de pratique professionnelle.

Enfin, elle permet de proposer des cours qui n’auraient pas leur place dans un cursus totalement universitaire tels l’écriture, l’éducation artistique, l’éducation physique etc. qui sont particulièrement fondamentaux à l’école primaire.

La formation des enseignants primaires mérite qu’on respecte ses besoins et ses spécificités raison pour laquelle l’ARLE soutient fortement la création d’une HEP pour la formation des enseignants primaires.


Le Comité de l’ARLE