Communiqué de presse de l’ARLE
Genève, le 19 octobre 2006

L’Arle (Association Refaire l’Ecole) salue la volonté de retirer à la Fapse de Genève la formation des maîtres du primaire. Dix ans d’échec, cela suffit. En ce sens, le DIP a clairement entendu le message de la votation du 24 septembre : il faut refaire l’école et, pour cela, il est nécessaire de la repenser ainsi que de repenser le problème de la formation des instituteurs.

Le rôle de l’Université est d’abord celui de la recherche. Il doit le rester. La formation des maîtres sur le terrain ressortit à une autre logique. Or la confusion des deux ordres a abouti, à Genève, à mélanger les outils de recherche avec les pratiques d’enseignement concrètes dans les classes. On sait à quelle catastrophe cela a conduit.

Mais la création d’un IUFM (Institut universitaire de Formation des Maîtres) n’est qu’une solution bâtarde, fondée sur des considérations plus politiciennes que réfléchies. En effet, en France, ces IUFM posent les mêmes problèmes que ceux que pose la Fapse à Genève : les animateurs des IUFM développent les thèses constructivistes selon lesquelles l’enfant est le seul responsable de ses apprentissages. Ils récusent la transmission systématique des connaissances. La pédagogie s’est transformée en pédagogisme. On risque de reproduire en IUFM la même idéologie dommageable dont toute l’école genevoise souffre.

L’ARLE pense qu’il convient, dans un premier temps, de connaître clairement quelles sont les lignes directrices que le DIP entend donner à l’école, du primaire jusqu’au secondaire II. Il faudra, dans un deuxième temps, préparer des programmes annuels. Et ce n’est que dans un troisième temps qu’il conviendra de réfléchir, en concertation, sur la formation des maîtres la plus pertinente pour honorer concrètement ces programmes.

Le plus sage en l’occurrence est que Genève prenne la ferme option d’une HEP, haute école plus orientée sur l’aspect concret du métier d’instituteur.