Assemblée générale de l'ARLE du 18 septembre 2002

 
Article publié dans la Tribune de Genève - www.tdg.ch - du 20/09/2002.


BERNARD FAVRE


"Le maintien de la note n'est pas négociable: si Martine Brunschwig Graf ne nous suit pas sur ce terrain, nous irons devant le peuple", a lancé Jean Romain, président de l'Association Refaire l'École (ARLE) qui tenait mercredi soir son Assemblée générale. Une initiative populaire réclamant le maintien d'une évaluation chiffrée pourrait donc être lancée "dans les prochains mois", si le projet de loi promis par la présidente du Département de l'instruction publique ne donne aucune garantie sur ce sujet.

L'ARLE estime qu'elle n'est pas étrangère à l'évolution du débat sur l'instruction publique survenue ces derniers mois. "Aujourd'hui, nos thèses sont sur toutes les lèvres, à défaut d'être dans toutes les têtes", a affirmé Jean Romain. Surtout, la rénovation du primaire a connu un net coup de frein. Le 5 février dernier, Martine Brunschwig Graf avait en effet repoussé l'extension de cette réforme aux calendes grecques. Elle a annoncé qu'elle présenterait un projet de loi au Grand Conseil.

Projet de loi en cours

Aujourd'hui, personne ne sait si ce projet de loi intégrera la question des notes. Interrogée hier à ce sujet, Martine Brunschwig Graf rappelle que "la loi actuelle ne traite pas de la question des notes et qu'il s'agira de déterminer ce qui est du domaine de la loi et ce qui est du domaine du règlement". Le projet de loi devrait être achevé d'ici à la fin de l'année, a-t-elle ajouté.

Dans l'intervalle, ARLE a affuté ses armes. Tout au long du printemps et de l'été, une commission de l'association a préparé un manifeste scrutant "les problèmes de l'école primaire genevoise". Ce manifeste prétend que les nouvelles méthodes pédagogiques "aggravent les inégalités sociales que l'école devrait justement atténuer." Il réclame la formulation d'objectifs prioritaires, de programmes réalistes et compréhensibles pour tous.

Exigences à la baisse

L'ARLE constate également que les exigences de l'institution n'ont cessé de diminuer depuis 1989. Ainsi, pour obtenir la note suffisante (3) dans les épreuves cantonales de mathématiques en fin de 6e primaire, l'élève devait avoir répondu correctement à 62% des questions. Contre 56% en 1990, 48% en 1997, et 37% en 2002.

Pour favoriser l'intégration des élèves non francophones, L'ARLE propose d'ouvrir plus de classes d'accueil. Pour les élèves en grande difficulté tant scolaire que sociale, elle demande des classes d'adaptation à effectifs réduits permettant à ces élèves de rattraper leur retard pour réintégrer le circuit ordinaire aussi vite que possible.

Le reste de la soirée a été consacré à des débats statutaires et à l'élection d'un nouveau comité. Malgré la demande pressante de l'assemblée, Jean Romain a quitté le comité, comme il l'avait annoncé l'an dernier en acceptant la présidence de cette association. François Truan, enseignant de français au Collège, a été choisi pour lui succéder.

 
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