Publié dans la Tribune de Genève - www.tdg.ch - du 08/02/2002.

PRIMAIRE - L’association ARLE, en assemblée, hésite encore sur la stratégie.

ERIC BUDRY


Réunie en assemblée générale hier dans l’aula d’une école, l’Association "Refaire l’école" (ARLE) a confirmé et précisé le premier objectif qu’elle s’est donné: "mettre à mort la rénovation de l’enseignement primaire". Formellement, l’assemblée a donné mandat au comité élargi de définir la meilleure stratégie pour y parvenir: initiative constitutionnelle, initiative populaire modifiant la Loi sur l’instruction publique ou référendum contre la base législative de la réforme que Martine Brunschwig Graf a promis de déposer devant le Parlement.

De fait, la décision de la présidente du Département de l’instruction publique d’asseoir dans la loi les principes fondamentaux de cette rénovation (nos éditions d’hier) a quelque peu déstabilisé le comité d’ARLE. L’association était en effet acquise à l’idée de lancer une initiative, mais une autre voie s’ouvre désormais devant elle. Il faudra tout d’abord que la cheffe du DIP trouve une majorité de députés pour soutenir son projet. Puis, si elle y parvient, ARLE pourrait en appeler au peuple en lançant un référendum.

Oui aux notes!

Les quelque 150 personnes présentes à l’assemblée - sur 220 membres - ont plébiscité (deux abstentions et un non) la formule précisant le but de ce premier combat, proposée par François Truan : "Dans le cadre de l’enseignement obligatoire, l’évaluation est chiffrée, annuelle et certificative; il en est tenu compte pour le passage au degré supérieur." S’il prenait force de loi, ce credo mettrait en pièces les bases mêmes de la rénovation du primaire, qui prône une évaluation formative, sans notes, à l’intérieur de deux cycles de quatre ans.

Grille horaire honnie

Lors de cette réunion, les participants ont également formé différents groupes chargés de plancher sur d’autres thèmes. A commencer par la nouvelle grille horaire du cycle d’orientation qui a été descendue en flamme par plusieurs enseignants du cycle. Autre décision: la collecte d’anecdotes significatives sur les aberrations vécues par des élèves, des parents ou des enseignants; cela dans la perspective de la publication d’un livre blanc sur l’enseignement général.

Enfin, on a appris par la voix de Jean Romain, son président, qu’ARLE allait vraisemblablement essaimer dans d’autres cantons romands (en premier lieu le canton de Vaud); et qu’une internationale de mouvements de ce type serait créée fin mars à Paris.

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