Genève n’a absolument aucun besoin d’un chapelet de projets d’écoles, chacun chapeauté par un des cent directeurs que Charles Beer prévoit pour la rentrée 2008. Mais Genève a besoin d’un projet pour son école, projet que le DIP est parfaitement incapable d’articuler.

Après le coup du latin pour tous, voici le coup d’un dirlo pour tous ! Genève est fatiguée de ces gesticulations dilatoires qui sont là pour une seule raison : ne pas prendre le problème à bras le corps. Et la solution est claire : il faut recommencer à enseigner de manière structurée les matières essentielles. Tout le reste n’est que de la poudre aux yeux.

Il est tout de même hallucinant de constater avec quelle énergie de métronome le DIP évite de mettre en œuvre ce que le peuple genevois attend ! Et qu’attend-il ? Comment l’ignorer après le 24 septembre ? Le vote du 24 septembre est lumineux : il s’agit de redonner à l’école non seulement des notes certificatives mais encore de revenir aux échéances annuelles. C’est ce que demandent avec force les Genevois. Or, pour que le règlement d’application puisse honorer l’esprit de la volonté populaire et ne reste pas une coquille vide, il est impératif de lui joindre des programmes annuels précis et clairs. Genève n’a que faire d’une surbureaucratisation de fonctionnaires ; elle veut, et cela pour la rentrée 2007, des programmes qui ne lévitent plus en apesanteur pédagogique, mais qui définissent clairement – comme cela se fait en Valais, par exemple – les contenus que les élèves doivent posséder à la fin de chaque année. Est-ce trop demander ?

Il semble effectivement que cela soit hors de portée car, au lieu de mettre l’accent sur ce qui, seul, permet aux élèves de sortir du primaire avec un bagage suffisant, au lieu de mettre toute l’énergie sur l’appui et la proximité du maître et de l’élève, le Département de l’Instruction Publique fait le contraire : il chamboule la structure qui, en soi, n’est pas problématique. Ce qui est proprement « historique » dans ce micmac n’est pas le retour des directeurs, mais bien la cécité d’un département qui gesticule grotesquement.

Lorsqu’on ne veut pas s’intéresser aux contenus, on rigidifie la structure, et cela avec la bénédiction du syndicat du primaire !
 

Jean Romain
porte-parole de l'Arle
publié dans la Tribune de Genève, 23 novembre 2006