On vient de nommer 93 nouveaux directeurs au Département de l’Instruction Publique. Leur rôle ? En gros, ils sont censés remplacer les inspecteurs et les maîtres principaux actuels (ou responsables d’école), c’est-à-dire remplir les deux fonctions cumulées.

Qu’en est-il dans la réalité ? Leur cahier des charges les y autorise, ils délégueront les responsabilités aux enseignants dont ils ont la charge.  Ainsi le travail effectué jusque-là par les maîtres principaux continuera à être assumé par le corps enseignant et le travail administratif par la secrétaire à laquelle ils ont droit.

Pensez donc, un directeur ne va tout de même pas distribuer le matériel en début d’année ! Il ne va pas non plus courir à l’économat  chercher la gomme qui manque à l’un ou l’autre, s’occuper de la gestion de la photocopieuse, vérifier scrupuleusement la panoplie de la salle des travaux manuels ou encore perdre du temps à organiser une fête de Noël !

Résultat : sa fonction se résume à celle des défunts inspecteurs….avec quatre fois moins de travail puisqu’ils sont dorénavant 93 au lieu de 25 et un salaire royal de cadre supérieur comme cerise sur le gâteau. On vit décidément une époque formidable !
 

André Duval
président de l'Arle
publié dans la Tribune de Genève, 1 mai 2008