Par François Baertschi in GHI des 20-21 août 2008

Le système des inspecteurs disparaît. Et la hiérarchie est multipliée par quatre à l’école obligatoire. L’ARLE dénonce la bureaucratie.

Le 16 avril dernier, le Conseil d’Etat a nommé les 93 nouveaux directeurs des écoles primaires et enfantines. Ils entrent en fonction cet automne, ce qui donnera lieu à une petite révolution. Jusqu’ici, des inspecteurs et maîtres principaux étaient chargés d’encadrer les enseignants.

Harmonisation

Le Conseil d’Etat estime que la réorganisation de l’enseignement «constitue un préalable nécessaire, une première étape vers l’harmonisation intercantonale de la scolarité obligatoire». En effet, le Gouvernement genevois juge ce changement nécessaire en raison des réformes à apporter.

Mais la contestation est apparue dès ce printemps. L’ARLE (Association refaire l’école) «dénonce la multiplication des petits et des grands chefs», en ajoutant: «Aucun autre canton suisse ne se permet pourtant de multiplier par quatre la hiérarchie de son école. Pourquoi Genève aurait-elle besoin d’une bureaucratisation aussi démesurée? L’harmonisation n’est ici qu’un prétexte fallacieux.»

Opposés aux notes

L’ARLE s’étonne également que 20 sur les 93 directeurs se soient «publiquement et fermement opposés à l’initiative 121 “Pour le maintien des notes scolaires à l’école primaire” votée massivement par le peuple en 2006». Ces directeurs auront à mener une politique à laquelle ils sont opposés alors que le peuple l’a imposée par les urnes.

Mais il reste une question non résolue. Le Conseil d’Etat affirme que ces nouveaux directeurs ne coûteront rien de plus. Pourtant, il a bien fallu trouver les budgets pour financer leurs salaires de hauts fonctionnaires. Une enseignante nous confiait discrètement, et anonymement par peur de rétorsions de la hiérarchie, que certaines nominations ont été bloquées chez les enseignants du primaire.