Article publié dans la Tribune de Genève - www.tdg.ch - du 12 juin 2003

    
Première cible de l’association: la nouvelle grille horaire qui a fait l’objet d’un rapport.

GUSTAVO KUHN

Sur la lancée de l’immense succès de sa récolte de signatures contre la Rénovation de l’école primaire, l’Association refaire l’école (ARLE) s’attaque maintenant aux réformes du Cycle d’orientation (CO). Lors d’une assemblée générale, qui s’est tenu mardi dernier à Uni Mail, l’ARLE a présenté le rapport rédigé par une de ses commissions sur la nouvelle grille horaire. "La première volée d’élèves qui ont suivi les trois années du CO avec la nouvelle grille va terminer son cursus ces prochains jours, explique François Truan, président de l’ARLE. Or, nous avons constaté une insatisfaction générale. Tant du côté des parents que du côté des maîtres qui travaillent sur le terrain. Mais cela est minimisé par le Département de l’instruction publique."

Hétérogénéité mise en cause

Le président de l’ARLE estime qu’un des problèmes principaux est l’hétérogénéité de fait qu’implique le passage d’un système de sections à système de groupes (A forts, B moyens). "Nous voulons une structure où les enfants de 12 ans puissent réellement diriger leurs études selon leurs intérêts et leurs capacités."

Selon le rapport de l’ARLE, le fait de mélanger des jeunes de différents niveaux dans un même cours tire la qualité générale vers le bas. "Ainsi, par exemple, imposer à tous les élèves une même dotation horaire en français (...), conduit à pénaliser autant les élèves qui ont besoin de plus de temps et d’encadrement que ceux qui peuvent (et veulent) progresser plus rapidement." Un autre point ciblé par le rapport de l’association est la disparition d’une vraie filière scientifique. Il estime que cela a "conduit à proposer à ceux qui aspirent à une formation de qualité dans ce domaine un enseignement modulaire sans suite logique ni structure constructive suivie".
    
Parents réticents

Du côté de la Fédération des associations de parents d’élèves du Cycle d’orientation (FAPECO), on reconnaît avoir également beaucoup de réserves sur la nouvelle grille. "On retrouve certaines incohérences entre la théorie, qui prône un même savoir pour tous, et la pratique qui est bien différente, comme l’accès à l’apprentissage du latin par exemple", explique Robert Rivest, président de la FAPECO. Pour lui, cette filière est pourtant la seule à être correctement structurée. "Les arts visuels ne sont, eux pas du tout valorisés."

Dans le dernier numéro de la publication de la FAPECO, qui expose les critiques et les interrogations des parents sur la nouvelle grille, on peut notamment lire qu’il "est inquiétant de savoir que son enfant suivra un programme qui varie en fonction des locaux, des disponibilités des enseignants, etc. La crédibilité du groupe Arts en souffre." Le directeur général du CO, Georges Schürch, explique pour sa part ne pas connaître le contenu du rapport de l’ARLE. Il préfère donc ne pas se prononcer pour l’instant sur le sujet.