Article de votre site relatif à l'enseignement de la physique au CO

Réponse de l'ARLE

Jacques Bochet
Co-président de groupe de physique-O.S. du CO

Monsieur le président,

La lecture de l'article de votre site consacré à l'enseignement de la physique au C.O. m'a laissé perplexe.

Cet article prétend une absence d'acquis cumulatifs dans cet enseignement, en prenant notamment argument de son aspect modulaire. Or, dans le même article, le découpage modulaire de l'ancien programme saute aux yeux. Les élèves d'autres sections pouvaient d'ailleurs rejoindre la section scientifique sans préjudice notoire du fait même de ce découpage modulaire.

Cet aspect est donc très peu significatif dans la comparaison de l'ancien et du nouveau programme.
On peut lire dans le même article que "la quantité de notions abordées est en recul", et que l'optique vient "amplifier un programme déjà bien fourni " ! La lecture du plan d'études et des programmes des différents modules devrait vous convaincre, d'une part, que cette quantité n'est pas en recul et, d'autre part, que les obstacles conceptuels ne sont pas gommés, mais qu'au contraire, ils fondent l'apprentissage des élèves et assurent ainsi sa qualité. La recherche de cohérence et la volonté de permettre l'approfondissement des notions étudiées ont été constantes dans l'élaboration de ces nouveaux programmes. Le module d'optique répond à cette double exigence.

Votre association craint que les élèves n'aient plus à produire des efforts.

Mais c'est le sens de ce qu'ils apprennent et de ce qu'ils font qui peut les encourager à en produire. Comme la démarche scientifique nécessite des efforts constants, nous nous sommes efforcés de donner le plus de sens possible à l'apprentissage et aux différentes activités des élèves.

Les maîtres de physique vérifient quotidiennement que pour accomplir le nouveau programme, selon les objectifs du plan d'études, les élèves doivent en permanence fournir des efforts (ils apprennent des notions, du vocabulaire, des modèles, l'usage d'appareils et de matériel de laboratoire, ils réfléchissent, prévoient, rédigent des hypothèses, en discutent rationnellement, les vérifient expérimentalement, rédigent des conclusions).
Il arrive parfois, et c'est heureux, que les situations qui font l'objet de leurs efforts les fassent "saliver" dans un premier temps. Elles les obligent toujours à apprendre, réfléchir, agir et par conséquent à transpirer.

Tous les maîtres qui le désiraient ont pu apporter leur pierre à l'édifice dans le cadre d'un groupe pilote élargi ou se préparer au changement en participant à des formations continues. Ils ont également eu la possibilité de se prononcer lors de consultations sur le bien-fondé des évolutions proposées. Aucun schisme n'est à déplorer dans le groupe. Des enseignants réservés,méfiants ou simplement inquiets face aux changements en cours ont accepté de faire évoluer leurs pratiques et ne le regrettent pas.

Je trouve regrettable de jeter le bébé " physique " avec l'eau du bain " NGH ". On peut certes déplorer la nouvelle grille horaire, mais on ne peut pas sans examen ni recul disqualifier le fruit du travail accompli par l'ensemble d'un groupe pendant plusieurs années. Les conditions dans lesquelles ces nouveaux programmes ont vu le jour ont rendu leur introduction et leur appropriation par les maîtres problématiques. Cette phase chaotique se termine, et il faudra sans doute attendre encore deux ou trois années avant de pouvoir confirmer - j'en suis convaincu - les progrès réalisés.

Je suis prêt à rencontrer l'auteur - dont j'ignore l'identité - de l'article qui a motivé cette lettre.
Voici donc mes coordonnées, que vous pouvez lui transmettre.

Jacques Bochet
47, chemin de la Plantée-du-Chêne
1222 Vésenaz

En vous remerciant de votre attention, je vous prie d'agréer, Monsieur le président, mes salutations distinguées

 

Jacques Bochet

31 octobre 2003